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25 mai 2021 - 18:30

Voie routière d’importance 

L’histoire en bref du pont de l’Île-aux-Tourtes

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

Avec la fermeture du pont de l’Île-aux-Tourtes depuis jeudi dernier, pourquoi ne pas se rappeler son histoire ?

L’idée d’un pont faisait déjà l’objet de discussion dans les années de Maurice Duplessis, mais c’est sous la gouverne du premier ministre Jean Lesage que le projet se concrétise. 

Le pont reliant Senneville à Vaudreuil en passant par l’île aux Tourtes, tire son nom des tourtes, soit des pigeons sauvages qui faisaient des ravages sur cette île, située sous le pont, et qui ont désormais disparu. 

Après maintes discussions entre Ottawa et Québec sur le prolongement de l’autoroute transcanadienne, c’est finalement en 1962 que les travaux débutent. Ils étaient au départ supposés se terminer en décembre 1964, mais se sont prolongés de quelques mois avant l'inauguration officielle le 18 juillet 1965. 

« Il s’agit là d’un tronçon de la plus grande voie de communication entre le Québec et l’Ontario, et l’on imagine facilement quel rôle essentiel il est appelé à jouer dans le développement régional et dans l’essor économique de toute la province », avait déclaré M. Lesage lors de cette journée. 

C’est aussi en partie grâce au ministre de l’Éducation et député de Vaudreuil-Soulanges, Paul Gérin-Lajoie, que le projet se concrétise. Selon lui, le développement de nouvelles routes était intimement lié au programme de construction d’écoles. 

« Pour que nos élèves se rendent aux écoles, il faut des routes adéquates », avait-il indiqué à l’époque. M. Gérin-Lajoie était impliqué dans le projet touchant sa région. Il avait lui-même visité les chantiers en compagnie du ministre de la Voirie et du ministre des Travaux publics.  

Aujourd'hui, le pont accueille près de 87 000 véhicules par jour et constitue l’une des voies principales pour accéder à la métropole. 

Composition du pont 

Le projet a été confié à la firme Atlas Construction et aura coûté près de 7,5 millions de dollars dans les années 60. Selon les déclarations du gouvernement de l’époque, on prévoyait des coûts de l’ordre de 10 millions de dollars. La compagnie Atlas avait présenté les plus basses soumissions reçues parmi les constructeurs. 

Le pont, d’un peu moins de deux kilomètres, est entièrement construit à partir de ciment précontraint, un matériau plus économique que l’acier. Il a aussi été choisi puisqu’il permettait d’engager plus de main-d'œuvre. 

Toutefois, les travaux des dernières années ont mis en évidence les problèmes rencontrés avec le ciment lors de l’application d’abrasifs durant l’hiver, ce qui affecte considérablement la structure du pont. 

Après plus de 110 millions de dollars investis à travers les années afin de maintenir le pont de l’Île-aux-Tourtes en état, notamment à partir des années 90 où des interventions de renforcement de poutres ont dû être faites, voilà que ce dernier s’est finalement fait interdire la circulation jeudi dernier.

Une erreur humaine lors des travaux en cours par la firme BauVal inc. est à la base de la l’interruption de services. Le contractant a observé le 30 avril qu’une poutre avait été sectionnée et a constaté le 12 mai que la principale était endommagée, forçant le retranchement de deux voies avant sa fermeture complète le 20 mai. 

Le projet de construction d’un nouveau pont en parallèle de celui encore présent, estimé à plusieurs centaines de millions, est toujours à l’étape de la planification. Il comprendra trois voies de circulation par direction, une piste polyvalente et des accotements pour les autobus. 

Les travaux devraient être devancés de six mois pour commencer en 2023 selon les propos du ministre des Transports, François Bonnardel, ce mardi, pour se terminer en 2026. Ceux-ci figurent dans la liste des projets qui devraient être accélérés.

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