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15 janvier 2021 - 15:38

Thierry Vicente remarque une baisse des interventions depuis plusieurs mois

Le couvre-feu est très bien suivi dans la région selon les observations d'un remorqueur

Marie-Claude Pilon

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Depuis la mise sur pause du Québec, les routes de la province sont moins achalandées. Par conséquent, les accidents de la route sont moins nombreux depuis plusieurs mois. Mais qu’en est-il du couvre-feu? Est-il bien respecté dans la région. Pour le savoir, Néomédia s’est entretenu avec le meilleur témoin qui soit: Thierry Vincente, remorqueur.

Habitué à sillonner les routes du Suroît de jour comme de nuit, l’homme est catégorique. Le couvre-feu est plus que respecté dans la région. « Depuis trois nuits, c’est mort. C’est à peine si on a des appels. C’est très différent d’avant la pandémie où on pouvait remplir notre cour avec 15 et 20 voitures en quelques jours. Là, depuis trois jours, je n’ai aucune voiture qui y prend place. C’est spécial », relate l’intervenant.

La baisse d’achalandage a même un impact sur l’horaire de travail de l’employé de nuit de l'entreprise de remorquage. « Maintenant, la nuit, il va chez lui si on n’a pas d’appel. Il part de là pour se rendre sur les lieux de l’intervention. Même dans le jour, on remarque un changement sur les routes. Par exemple, un aller-retour à Montréal peut se faire en deux heures alors qu’avant, avec la circulation, il fallait compter trois ou quatre heures aller-retour. En plus, il ne neige pas, alors disons que ça n’aide pas. »

Il faut dire que pendant la saison froide, les remorqueurs sont très sollicités. Que ce soit pour un survoltage, une sortie de route, un remorquage ou un oubli de clés à l’intérieur des véhicules, les appels sont nombreux et les tiennent occupés de jour comme de nuit. Mais depuis quelques mois, ce n’est plus le cas.

Plus de collisions mortelles sur les routes malgré l’absence de circulation

De son côté, la Sûreté du Québec a émis récemment son bilan provisoire des collisions mortelles pour l’année 2020. En dépit de la baisse de circulation notée sur les routes, les collisions fatales ont été plus nombreuses lors de la dernière année qu’en 2019 sur le territoire desservi par le corps de police.

En effet, entre janvier et décembre 2020, la SQ est intervenue sur les lieux de 228 accidents mortels, contre 217 en 2019. Malgré cela, le bilan demeure sous la moyenne des cinq dernières années qui est de 236 collisions mortelles annuellement.

Le bilan 2020 démontre que les principales causes des collisions mortelles sont :

- la conduite imprudente et les excès de vitesse (29% des collisions);

- l’inattention / distraction (14%);

- la capacité de conduite affaiblie par l’alcool, les drogues ou la fatigue (10%);

Soulignons par ailleurs que près de 20% des victimes décédées dans des collisions routières ne portaient pas la ceinture de sécurité.

Plus que jamais en 2020, les gens ont pris leurs vacances au Québec. Cela a entraîné une hausse de la circulation sur certaines routes et une croissance des comportements dangereux.

Pour sa part, M. Vicente note que bien qu’ils étaient moins nombreux sur les routes dans les derniers mois, les automobilistes présents avaient tendance à rouler plus vite. « Avant, ils suivaient le trafic et devaient rouler à 100 ou 110 km. Maintenant qu’il n’y a plus de trafic, c’est plus facile de rouler vite sans s’en rendre compte. Même moi ça m’arrive. Il fait beau, avec de la musique, parfois on ne se rend pas compte qu’on roule 130 ou 140 km.»

Au cours de la dernière saison chaude, 52 collisions impliquant des motos sont survenues et celles-ci ont mené à 54 décès. En comparaison, la moyenne des cinq années précédentes se situe autour de 41 décès.

Les piétons n’ont pas été épargnés non plus alors que 18 d’entre eux ont perdu la vie. Du côté des cyclistes, on rapporte que six ont été impliqués dans des accidents mortels. C’est légèrement moins qu’en 2019 alors que 21 d’entre eux étaient des victimes de la route.

Moins de saisie de véhicules pour conduite avec les capacités affaiblies

Autre constat de M. Vicente: la fermeture des bars depuis quelque temps contribue à la baisse du nombre d’accidents enregistrés sur le territoire. « Habituellement, nous sommes appelés sur une moyenne de 15 accidents par mois. Depuis le début de 2021, il n’y en a eu que deux », image-il.

En temps normal, la cour de son entreprise se remplit de voitures saisies à la suite d’interceptions policières en lien avec le non-paiement du permis de conduire ou la conduite avec les capacités affaiblies. « À la première offense, la voiture est saisie 30 jours. En cas de récidive, c’est 90 jours et plus. Cette année, on n’en a pratiquement pas eu. La fermeture des bars y a contribué, d’autant plus qu’Opération nez rouge n’était pas en fonction cette année. C’est une bonne chose, ça démontre que les gens se sont responsabilisés. »

Au cours des prochains jours, M. Vicente et son équipe pourraient être plus occupés avec les 15 centimètres attendus sur la région. Est-ce que le déneigement sera facilité en raison de la faible présence d’automobiles sur le réseau routier ? « C’est encore drôle. Ça veut dire que les rues seront pleines à Montréal. Ça risque de compliquer les opérations de déneigement », observe-t-il en conclusion.

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