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14 juin 2021 - 16:00

12e féminicide au Québec

« Aucune femme ne mérite de vivre de la violence. » - Véronique Girard

Jessica Brisson

Par Jessica Brisson, Journaliste

Un douzième féminicide a secoué le Québec la semaine dernière, alors qu’une femme de 56 ans a été tuée par son ex-conjoint à Contrecoeur, en Montérégie. Selon Statistiques Canada, en 2020, 21 femmes et filles ont été tuées par un homme au Québec. C’est une augmentation de plus de 90% par rapport à 2019.

Des données recueillies par Statistique Canada depuis le début de la pandémie permettent de dresser un portrait partiel de la situation au pays. Ainsi, entre la mi-mars et le début juillet 2020, plusieurs services d’aide aux victimes ont déclaré une hausse du nombre de victimes de violence familiale ayant eu recours à leurs services.

Augmentation des appels d’aide

Les statistiques publiées par le Conseil du statut de la femme en avril dernier, indiquent que l’organisme SOS violence conjugale, a connu une hausse importante de son nombre d’appels quotidien dans la dernière année.

Si en 2019-2020 il pouvait recevoir moins d’une centaine de demandes, l’organisme en compte maintenant plus de 200 par jour. Quant aux demandes d’hébergement, 15 000 ont dû être refusées en 2020, faute de place.

Néomédia a tenté d’obtenir des statistiques régionales du nombre d’appels logés au 911 en lien avec la violence conjugale. Or, selon la porte-parole de la Sûreté du Québec, Valérie Beauchamp, ce genre de données est plutôt complexe à trouver. « Nous n’avons pas de statistique à cet effet puisque la violence conjugale est un concept qui peut englober les dossiers de voies de fait, de menaces, assistance au public, chicane de famille », a-t-elle indiqué.

Ouverture de dossiers: une augmentation de plus de 162%

Plus près de nous, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield, des dizaines de cas de violence conjugale sont entendus devant les juges, tous les jeudis, à 14h. C’est donc dire que chaque semaine, une période est consacrée qu’aux dossiers de violences conjugales.

D’ailleurs, les plus récentes données publiées par le ministère de la Sécurité publique font état d’un constat alarmant quant au nombre de dossiers ouverts par année, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

En effet, entre 2015 et 2020, une hausse de 162,43% du nombre d’ouvertures de dossiers a été enregistrée. Entre 2019 et 2020, cette augmentation se chiffre à 14,07%.

De la violence plus intense

Il va sans dire que la pandémie a exacerbé la violence conjugale.  Selon Véronique Girard de l'organisme La Passerelle située dans la région du Suroît, plusieurs femmes qui s'y rendent font souvent état d’une violence plus forte, plus intense et plus régulière. Consommation d’alcool et de drogue plus importante, stress lié à la pandémie, au travail, perte de revenus sont quelques « raisons », parfois évoquées par les victimes pour « justifier » les actes de leur conjoint.

À ce propos, Véronique Girard est sans équivoque : « La consommation d’alcool, le stress ou autre ne sont pas des raisons qui expliquent la violence. Rien ne justifie la violence conjugale. »

Aller chercher de l’aide

« Il est important que les femmes sachent que si elles sont victimes de violence conjugale et qu’elles ont besoin d’aide, La Passerelle est toujours ouverte. Pandémie et confinement, ou non. Elles ne doivent pas se gêner pour nous contacter, et ce, même durant la pandémie », indique Mme Girard.

À l’entourage des femmes victimes de violence Véronique Girard souligne: « soyez patient et à l’écoute. Même si cela peut créer un grand sentiment d’impuissance et d’incompréhension, c’est important pour la femme de savoir que quelqu’un va être là quand elle en aura besoin ».

Pour obtenir de l’aide:

  • SOS Violence conjugale (24/7): 1 800 363-9010
  • Police: 911

 

 

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