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8 mars 2021 - 09:00

Entrevue avec une nutritionniste de la région

Comment démystifier les régimes alimentaires?

Benjamin  Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

Les régimes alimentaires ont la cote depuis des lustres. Les tendances ont toutefois évolué au fil des ans et des diètes sont devenues plus populaires qu’elles l’étaient. Néomédia fait le point avec Catherine Clément-Dumas, nutritionniste dans la grande région du Suroît

Pendant des centaines d'années, toutes les populations ont eu des régimes, mais ce n’est que depuis les années 50 que différents programmes ne cessent d’apparaître les uns après les autres tous les 10 ou 20 ans. 

Que ce soit pour une meilleure santé ou une perte de poids, Catherine Clément-Dumas, de l’Équipe Nutrition, insiste sur la réflexion qui doit être faite avant de se lancer dans une diète en particulier. « Si on veut des changements durables, il faut qu’on soit capable de rentrer dans un régime alimentaire et se dire je pourrais manger comme ça toute ma vie », explique-t-elle. 

Cette dernière indique que trop souvent certaines personnes vont faire des régimes pendant quelques semaines avant de retomber dans leurs vieilles habitudes. Non seulement les gens vont reprendre le poids perdu sinon plus, mais le corps devient moins enclin à en perdre à nouveau. « Si on fait ça de multiples fois dans la vie, à un moment donné le corps va juste dire “tu veux me mettre dans des situations de pénurie, alors je vais diminuer mon métabolisme de base”. Avec le temps ça va être de plus en plus difficile de perdre du poids », ajoute Mme Clément-Dumas. 

La nutritionniste appelle cette situation le syndrome du yoyo. À moins que le régime alimentaire convient parfaitement à la personne, une consommation saine et diversifiée, sans excès, devrait être en mesure de fournir tout ce qu’il faut pour être en bonne santé. Voici toutefois des exemples des régimes les plus populaires. 

Végétarisme et véganisme 

« C’est facile de vivre végétarien de nos jours. C’est rare qu’on va manquer de quelque chose », indique Mme Clément-Dumas. Le mode de vie végétarien, qui écarte la consommation de viandes et de poissons, n’a jamais été aussi populaire. Quant à lui, le véganisme, qui évite tout produit de nature animale, est en train de gagner du terrain dans l’opinion publique. 

La nutritionniste précise que l’avènement des protéines végétales constitue une voie alternative intéressante. Elle rappelle que les gens qui commencent ce type de régime doivent bien connaître les aliments, les vitamines et les minéraux afin de ne souffrir d’aucune carence. 

« Avec un nouveau végane, on suggère de prendre des prises de sang tous les trois mois pendant leur première année pour s’assurer qu’il n’y ait pas de changements des bilans sanguins », souligne-t-elle. La vitamine B12, retrouvée naturellement dans la viande, est à surveiller. 

Paléolithique 

À l’autre bout du spectre, on retrouve le régime paléolithique qui se concentre essentiellement sur les viandes, les légumes, les fruits et les oléagineux. Les produits transformés sont alors évités. « Cela a surtout été adopté par des athlètes pour améliorer leurs performances », soutient la nutritionniste. Les céréales et les produits laitiers sont considérés comme étant modifiés.

Il vise à embrasser l’alimentation de nos ancêtres. Généreux en protéines, ce régime doit être étroitement observé, et ce surtout pour les sportifs. Les glucides présents dans les céréales pourraient manquer. 

Aspect positif pour Catherine Clément-Dumas, la diète paléo permet d’éviter des nourritures souvent riches en sel, en sucre, en gras et agents de conservation. Il faut toutefois surveiller les carences comme bien des modes de vie. 

Cétogène

Parfois controversé, le régime cétogène, qui réduit les glucides à leur consommation minimale et met les gras à l’honneur, est la vedette des programmes depuis quelques années.  « C’est quelque chose que j’entends depuis 10 ans, mais cela a été incroyablement boosté dans les derniers cinq ans », admet la nutritionniste. 

Il était à la base utilisé pour traiter des formes d’épilepsies sévères, mais a depuis été adopté pour la perte de poids. Les matières grasses deviennent la source principale du corps humain et cela lui permet de puiser dans les réserves en graisse. 

Toutefois, le manque d’étude à long terme sur les effets potentiels ajoute à la prudence des experts en nutrition, mais ceux-ci peuvent néanmoins aider les personnes voulant épouser ce mode de vie. « Si on décide de faire ce régime-là, on est mieux de consulter un nutritionniste pour le faire correctement, recommande-t-elle. Les nutritionnistes sont formés pour ça. Il y a une raison pour laquelle on a quatre ans d’université dans notre baccalauréat. On est des spécialistes de l’alimentation. »

Ces nouveaux régimes très en vogue s’accompagnent souvent de coachs sur les réseaux sociaux. Il est important de vérifier s’ils ont un cursus adéquat. Beaucoup de fausses croyances, comme celles de manger du bacon et du fromage à volonté, persistent et pourraient entraîner des problèmes de santé à long terme. 

Sans gluten, sans lactose

Ces modes d’alimentation, qui s'abstiennent initialement ces deux agents en raison d’intolérances ou d'allergies, sont désormais appliqués à d’autres fins. Le gluten, présent dans le pain, les pâtes et autres produits céréaliers, pourrait entraîner une perte de poids en l’écartant. Quant à l’alimentation sans lactose, c’est les produits laitiers qui sont évités. Une perte de poids est aussi observable dans certains cas. 

« Les régimes sans gluten ou sans lactoses ont prouvé à améliorer certaines conditions comme le syndrome du côlon irritable, la maladie coeliaque [allergie au gluten] et les problèmes d'arthrites, car c’est un régime un peu plus anti-inflammatoire », constate Catherine Clément-Dumas. Il faut toutefois s’assurer de bien comprendre ces modes de vie avant de les appliquer. 

Mme Clément-Dumas conclut en disant qu’il n'y a pas de diète qui soit supérieure qu'une autre. « Le meilleur régime va être celui que la personne va se sentir le plus à l'aise avec selon ses préférences alimentaires habituelles, ou simplement de mieux manger, signale-t-elle. Manger, ce n’est pas comme l’alcool ou les cigarettes, on doit trouver une balance. On ne peut pas dire j'arrête de manger. Parfois, c’est donc encore plus difficile de trouver un entre-deux. »

 

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