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Elections provinciales - Beauharnois

Entrevue audio avec Claude Reid (candidat CAQ dans Beauharnois) - Episode 1/2

durée 17h00
13 juillet 2022
durée

Temps de lecture   :  

8 minutes

Par Jean-Michel Lhomme, Journaliste
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Dans le cadre des élections provinciales du 3 octobre prochain, Néomédia vous propose de faire plus ample connaissance avec celui ou celle qui souhaite vous représenter à l'Assemblée nationale pour les quatre prochaines années. 

Aujourd'hui, entretien avec Claude Reid, l'actuel député de Beauharnois, qui, il y a quelques jours à peine, a annoncé qu'il sollicitera un deuxième mandat, toujours sous les couleurs de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Une entrevue diffusée en deux parties. 

Dans la première partie que vous allez écouter maintenant, Claude Reid revient notamment sur son parcours personnel et sur la manière dont il a vécu ce mandat un petit peu particulier. 

Dès demain, la seconde partie nous permettra d'aborder les grands sujets de Beauharnois (l'Hôpital du Suroît, les transports, le logement) ainsi que les enjeux nationaux comme le pouvoir d'achat.

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Claude Reid, bonjour. En 2018, après une longue carrière en communication marketing dans le secteur privé et divers engagements dans le milieu associatif local, je pense notamment à Moisson Sud-Ouest, vous avez choisi de faire le grand saut en politique provinciale. Un choix couronné de succès puisque sous les couleurs de la CAQ, vous avez été élu député de Beauharnois.  Avant de parler de l'avenir et de vos projets pour le comté, j'aimerais revenir sur votre parcours. 
Entre 1990 et 1993, vous aviez déjà fait une courte incursion en politique, mais du côté fédéral, vous étiez alors adjoint du député fédéral de Beauharnois - Salaberry. Pourquoi ne pas avoir persévéré à l'époque ? Et pourquoi avoir attendu 25 ans avant d'y revenir ?


Claude Reid: Pour être tout à fait précis, je n'étais pas adjoint parlementaire, mais adjoint exécutif d’un député fédéral. Donc, je n'étais donc pas député à ce moment-là, j'étais un simple conseiller politique. Mais effectivement, c'était une première incursion dans le monde de la politique.

Cette époque-là, c'était pour l'équipe des progressistes conservateurs avec Jean-Guy Hudon dans le comté de Beauharnois - Salaberry. Je crois qu'à ce moment-là, j'ai mis la table pour peut-être le futur. 

En fait, j'ai commencé à militer avec les jeunes progressistes-conservateurs en 85 à l'Université de Montréal. Et j'ai participé, comme organisateur, à une première campagne électorale  ici à Salaberry-de-Valleyfield en 87. Mais en parallèle, j'ai été impliqué avec les jeunes du Parti progressiste-conservateur (c’était Brian Mulroney à l'époque), et c'est là que j'ai commencé à m'impliquer, à m'intéresser à la chose politique. 

Puis de 90-93 j'ai travaillé dans le comté de Beauharnois-Salaberry (même comté ou presque, car c’était plus grand fédéral). C'était une première incursion dans le monde de la politique. C'est une belle école, une belle formation, parce qu'on touche à tout et ma personnalité fait en sorte que je suis une personne qui doit toucher à tout pour fonctionner. Je suis quelqu'un qu'on ne peut pas mettre dans un bureau de 8 à 4, ça ne fonctionne pas. 
Par la suite, si on parle du volet politique, j'ai toujours fait de l'organisation politique en parallèle. J'ai aidé des amis, des collègues, donc s'impliquer en politique pour les différents partis au niveau fédéral que provincial.

Et j'ai participé aussi à la campagne du maire de l'époque, ici à Salaberry-de-Valleyfield qui était Denis Lapointe. Donc j'ai toujours fait de l'organisation politique, notamment au niveau de la stratégie politique, communication politique, c'était mon dada et ça l'est toujours. 

Et par la force des choses, il faut gagner sa croûte, je travaillais en parallèle dans le secteur des communications services financiers. Et pendant quelques années, j'étais dans les relations gouvernementales au moment où j'étais à l'association des banquiers canadiens. 

D’une certaine façon, j'ai toujours touché à la politique ou presque dans mon parcours professionnel.

Et les dernières années avant de me présenter pour la Coalition Avenir Québec, je travaillais pour les caisses Desjardins dans la région ici, et je travaillais déjà avec la communauté. J'étais aux communications, marketing, développement des affaires. Je travaillais avec la communauté, j'étais impliqué dans la communauté.

Et mon arrivée à la coalition Avenir Québec, c'est l'aboutissement de tout ce parcours qui était de m'impliquer pour faire en sorte que ma communauté puisse rayonner, puisse avoir ou obtenir des services auxquels la population a le droit d'avoir. Alors c'est ce qui a fait en sorte que je me suis impliqué en 2018.

Il faut savoir que le comté de Beauharnois était dans l'opposition depuis 2003 et c'est un comté et qui était passablement oublié par le précédent gouvernement. Alors moi j’ai dit « il faut changer le cours des choses » et donc le 1er octobre, j'ai été élu et j'étais très heureux.


À l'époque vous vous êtes posé la question de savoir si cet engagement devait se faire plutôt au fédéral ou au provincial ?

Claude Reid: J'ai parlé du Parti progressiste-conservateur avec lequel j'ai été impliqué. Mais en 93, on se souvient bien qu'il ne restait que deux députés à l'époque. Alors, j’ai tourné la page du côté fédéral. Je n’avais pas d'affinités avec les parties qui étaient là, les transformations qui ont été faites.

Et puis je vous dirai que c'est plus au niveau du gouvernement du Québec où on a un pouvoir de changement, un pouvoir d'action beaucoup plus concret dans notre communauté. On a le gouvernement municipal qui est vraiment un gouvernement de proximité. Et puis ensuite on a le gouvernement du Québec et on a cette force-là et ce pouvoir-là au Québec, ce qui est différent dans d'autres provinces, au niveau de l'intervention du député du gouvernement provincial.

Donc, la capacité d'action, la capacité d'influencer est plus grande au provincial. On a vraiment un pouvoir d'influence sur les dossiers, là au niveau du Québec pour les comtés et pour le comté que je représente. Par rapport au fédéral, ce n’est vraiment pas la même chose.
 

Votre engagement est le fruit d'un long parcours. Quand, en 2018, vous avez été élu avec cet élan de la vague CoalitionAvenir Québec, vous ne vous attendiez probablement pas à vivre un mandat aussi particulier : Pandémie de la COVID tout d'abord, puis le retour de la guerre sur le sol européen avec toutes ses conséquences humaines et économiques. Est-ce que ces quatre années vous ont changé ?

Claude Reid: C'était toute une aventure. Bien entendu, la pandémie n'était dans les plans de personne. Ceci dit, à partir du 1er octobre 2018 huit, quand on a été élu, on était prêt à fonctionner. Pour moi, ça a vraiment bien été parce que j'avais une expérience. J'avais travaillé pour un député fédéral dans un bureau de comté.

J'avais été conseiller municipal aussi de 99 à 2007 à Salaberry-de-Valleyfield. Donc j'avais une expérience du travail. C’est plus au niveau de Québec, au niveau législatif, que je n'avais pas d'expérience. On l'a appris avec le temps. Mais mon objectif était de changer les choses.

Bien entendu, quand Monsieur Legault a annoncé l'arrêt temporaire du Québec en mars 2020, c'était un choc pour tout le monde. Et c'était les premières semaines pour l'équipe, pour nous comme tout le monde en fait, on sera ramassés devant l'incertitude. On ne savait pas ce qui nous attendait.

Puis on c'est dit « ça va être une ou quelques semaines, puis ça vont être terminé. On va passer à d'autres choses, ainsi de suite ». Mais on sait que ça dure encore. Déjà ça a duré un bon deux ans. 

Est-ce que ça nous a changés ? En fait, moi je dirais que ça nous a permis de constater de façon beaucoup plus aiguë les problèmes qu’il y avait au niveau de la santé, notamment dans l'appareil gouvernemental.

Dans certains secteurs, on s'est dit il y a des choses, il y a des choses qu'on connaissait, mais avec la pandémie, ça nous est arrivé en pleine face. Donc aussi, il y a vraiment un travail à faire de ce côté-là et donc on a peut-être nécessairement revu les priorités et je pense qu'on a accentué le regard sur ces priorités-là. Notamment au niveau de la santé. De dire qu'il faut vraiment, vraiment, vraiment faire quelque chose. Et c'est ce que ça a changé, cette façon de voir selon moi. 

Localement, c'est la même chose dans le comté ici. Alors qu'on parle de la santé, qu’on parle d'éducation, ça nous a permis de vraiment mettre le focus sur ce qui était urgent à régler à très court et moyen terme.


Et vous qui êtes un homme de communication qui êtes un homme de contact,  devoir ainsi mettre de la distance avec les concitoyens, de manière prolongée, ne vous êtes pas senti un peu frustré? 

Claude Reid: Non pas frustré. Parce qu'on était dans une situation vraiment particulière. On était un peu comme des pompiers, on n'avait pas le temps de penser à ça.

Mais je voudrais peut être avec le temps et que ce soit vous que ce soit tout le monde, le contact humain est important.  Quand on a recommencé à voir du monde, ça a fait du bien. Car, et je prends l'exemple de nous, les 125 députés à Québec, pendant plusieurs mois on ne pouvait pas aller au Parlement. Or on est quand même des équipes.  Ça, c'était le bout qui était difficile parce qu'on est des bêtes publiques, des bêtes de contact. Et ça, c'était quelque chose qui était peut-être un peu plus difficile. Qui a fait en sorte qu’à un moment donné, même si on est optimiste, qu’il fallait juste se jaser dans le blanc des yeux et se dire « il ne faut pas lâcher, il ne faut pas lâcher, ça va finir », ainsi de suite. Tout ça pour garder justement une certaine forme de positivisme. 

Et puis, on a réussi. Mais c’est vrai, d’une certaine façon,  il y a, une petite phase creuse. 


Lorsque vous avez annoncé que vous un nouveau mandat, vous avez indiqué que, comme député, vous aviez le sentiment d'être sur votre X. Selon vous, c'est quoi le travail d'un député provincial ?

Claude Reid: Le travail d'un d'une personnalité, d'un député, d'un conseil municipal, un député fédéral, c'est vraiment de représenter les citoyens auprès de son gouvernement. Un conseiller municipal va représenter son district, son quartier à l'hôtel de ville. Un député au gouvernement du Québec va représenter sa population du Québec, même chose au fédéral. 

Notre travail, et Monsieur Legault nous le rappelle régulièrement, c'est d'amener à Québec, les doléances de la population, puis de les transmettre à qui de droit. Et c'est ce qu'on fait au quotidien avec mon équipe, ici au bureau.

Notre quotidien, c'est donc de représenter notre communauté. Ceci dit, bien entendu, les représenter pour toutes sortes de dossiers, mais aussi de voir en fait à ce qu'on puisse défendre des dossiers. Si on parle ici de la santé, du centre hospitalier, de l'hôpital du Suroît, on avait des frustrations qui étaient là auprès de la population qu'on a réglées avec le temps.

Mais donc c'est ça notre travail. C'est un travail d'influence auprès du gouvernement, auprès de l'appareil gouvernemental pour changer le cours des choses. 

J'étais avec Lionel Carmin pas plus tard qu’hier, et Monsieur Carmin, de par son travail de médecins, il n'était pas en mesure de faire ce qu'il fait aujourd'hui. Monsieur Legault, lui a dit « regarde, tu veux changer les choses ? Il faut que tu ailles en politique. ». C'est de cette façon-là qu'on peut le faire.

Est-ce que ça fonctionne tout le temps ? Pas tout le temps. Il faut  être patient. C’est un petit pas par petit pas qu’on réussit à faire bouger les choses. Ça, c'est le travail. Que ce soit moi ou conseiller municipal, c'est à peu près la même dynamique, mais à des degrés divers. 


Si je vous rappelle la déclaration de la députée sortante du parti conservateur Claire Samson qui a dit « qu'elle n'avait jamais aussi peu travaillé de sa vie que ce qu'elle a pu faire en tant que députée », j’imagine que ce n’est pas des mots auxquels vous souscrivez ? 

Claude Reid: Non. Non, aucunement. Est-ce que les enjeux sont différents d'un comté à l'autre ? Je peux vous dire qu'ici on n'a pas chômé. Puis à Québec, on n'a pas chômé au cours des quatre dernières années. 

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La suite de notre entrevue sera diffusée demain à 17h.

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