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17 juin 2021 - 10:00

Deux gains pour le Bloc québécois

Ottawa reconnait que le Québec est une nation francophone

Jessica Brisson

Par Jessica Brisson, Journaliste

La députée fédérale de Salaberry-Suroît, Claude DeBellefeuille salue le vote de la part de tous les partis fédéraux confirmant la légitimité de la démarche d’affirmation entreprise par le Québec dans le cadre de l’étude de son projet de loi 96.

L’immense majorité de la Chambre des communes a voté, ce mercredi, en faveur de la motion présentée par le chef bloquiste Yves-François Blanchet voulant que « l’article 45 de la Loi constitutionnelle de 1982 confère au Québec et aux provinces la compétence exclusive pour modifier leurs constitutions respectives ».

Rappelons que ladite motion visait également à faire reconnaitre le français comme étant la langue officielle et commune du Québec et que la province constitue une nation.

La motion a été adoptée à 281 voix contre 2, alors que 36 élus de différents partis ont préféré s’abstenir. Parmi ces abstentions, 22 proviennent de députés fédéraux dont neuf sont de circonscription québécoise. De ces neuf circonscriptions, notons la présence de Vaudreuil-Soulanges alors que le député, Peter Schiefke a préféré ne pas se prononcer sur la question.

« Le Québec n’avait évidemment pas besoin de l’aval du Parlement canadien pour former une nation francophone et pour le proclamer. Mais l’Assemblée nationale du Québec a aujourd’hui davantage les coudées franches pour mettre en place des lois qui correspondent aux choix démocratiques de la nation québécoise et à ses consensus. Le fédéral, de son côté, devra en toute logique s’abstenir de contester, participer à une contestation ou remettre en question les choix légitimes de la nation québécoise et de son Assemblée nationale », de dire la députée Claude DeBellefeuille.

« Aujourd’hui, la Chambre des communes prend acte par ce vote historique que le Québec inscrira dans la Constitution que les Québécoises et les Québécois forment une nation dont la seule langue officielle et commune est le français. Ce constat des élus fédéraux devra désormais dicter les décisions du gouvernement canadien, qui devra respecter le droit légitime du Québec d’être maître d’œuvre de ses politiques nationales, entre autres en matière linguistique et dans ses choix de société », a renchéri le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet.

Un autre gain pour les bloquistes

Un autre projet de loi déposé par le Bloc québécois a obtenu l’appui de la forte majorité des partis de l’opposition ce mercredi à Ottawa.

En effet, le projet de loi C-254 du Bloc Québécois qui aurait pour effet de faire reconnaître dans la Loi fédérale sur les langues officielles que « le français est la langue officielle du Québec et la langue commune au Québec », et, conséquemment, d’assurer que les entreprises fédérales et sociétés exerçant leurs activités au Québec, soient tenues de répondre aux exigences de la Charte de la langue française, a récolté l’appui de tous les partis sauf les libéraux. Une reconnaissance jugée comme étant inédite à Ottawa de l’importance de la loi 101 au Québec.

Le texte a été adopté en deuxième lecture, avec 169 votes contre 151. La députée de Salaberry-Suroît, madame Claude DeBellefeuille, a salué l’appui historique de la Chambre des communes à l’application de la loi 101 aux entreprises sous juridiction fédérale aujourd’hui lors du vote sur son projet de loi C-254.

Le silence des libéraux

Le Bloc québécois dénonce toutefois l’opposition du gouvernement libéral qui s’isole, en tant que rare adversaire du Québec dans sa volonté de franciser l’ensemble des milieux de travail québécois grâce à la Charte de la langue française.

« La Chambre des communes se joint au vaste consensus québécois en faveur de la loi 101 pour les entreprises de juridiction fédérale. Malheureusement, les libéraux ont choisi de s’y opposer pour plutôt se réfugier derrière leur réforme linguistique qui ne verra jamais le jour avant la prochaine élection et qui contredit le projet de loi 96 du Québec. Qui plus est, le vote d’aujourd’hui confirme que cette réforme fédérale s’oppose même à la volonté de la Chambre. Alors qu’il faut se rassembler pour assurer l’avenir de notre langue commune et officielle, les libéraux divisent et s’isolent plus que jamais sur la question du français », déplore la députée bloquiste.

Rappelons que mardi le gouvernement de Justin Trudeau déposait son projet de loi C-32, réformant la Loi sur les langues officielles, dans lequel il s’oppose à l’application de la Charte de la langue française aux entreprises sous sa juridiction. Ottawa souhaiterait plutôt étendre l’application de sa propre loi sur les langues officielles, faisant la promotion du bilinguisme plutôt que du français au sein des institutions relevant de ses compétences.

« Cette tentative du gouvernement Trudeau de contrecarrer les efforts de Québec dans l’application de la Charte de la langue française va à l’encontre de la volonté du gouvernement du Québec, de l’Assemblée nationale, de tous les anciens premiers ministres du Québec encore vivants, des maires de toutes les grandes villes du Québec, de l'ensemble des centrales syndicales québécoises et de la Chambre des communes. Le gouvernement du Québec doit être le seul maître d’œuvre de sa politique linguistique », a conclu madame DeBellefeuille.

 

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