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5 février 2021 - 07:00

Pour faire passer les prestations maladie de 15 à 50 semaines

Claude DeBellefeuille dépose le projet de loi Émilie Sansfaçon

Marie-Claude Pilon

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

C'est le jeudi 4 février au matin que la députée de Salaberry-Suroît, Claude DeBellefeuille, a déposé à la Chambre des Communes, son projet de loi «Émilie Sansfaçon ». Celui-ci vise à rendre hommage à une jeune femme de 31 ans décédée à la suite d'un second combat contre le cancer, le 5 novembre dernier. 

Sur le plan législatif, cette démarche a pour but de rehausser de 15 à 50 semaines les prestations de maladie de l'assurance-emploi. Lors du dépôt de ce projet de loi, le père de la défunte, Louis Sansfaçon, était présent en mode virtuel. 

« Émilie s’est battue pour sa santé, mais elle a aussi consacré une large part de sa propre santé à une lutte contre l’iniquité, contre l’injustice, contre la discrimination dont sont l’objet les grands malades face au programme d’assurance-emploi », a témoigné Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois, lors d’un hommage rendu en Chambre pour la militante le lendemain de son décès.

Un programme qui existe depuis 1971 

Le projet de loi déposé par Claude DeBellefeuille vise à augmenter la durée des prestations spéciales d’assurance-emploi de 15 à 50 semaines, pour permettre aux malades de se battre dans la dignité. Depuis 1971, le programme n’a jamais été bonifié, malgré sept projets de loi en ce sens.

Émilie Sansfaçon a fait face à deux cancers en moins d’une année. Lors de la première offensive, contrainte par le manque de revenus, elle est retournée au travail dès la fin de la chimiothérapie, avant même d’amorcer sa convalescence. Cinq mois plus tard, la jeune femme faisait face à une récidive plus agressive de la maladie. En congé de maladie pour une année, elle n’a eu droit encore une fois qu’à 15 semaines de prestations.

« Il est aberrant que le soutien aux travailleurs en arrêt pour maladie grave se termine après seulement 15 semaines alors que le traitement et le repos prescrits couvrent plusieurs mois, voire plus d’une année. Il faut corriger cette injustice et assurer un traitement et une protection légitimes de 50 semaines aux victimes de maladie grave », maintient Claude DeBellefeuille.

Émilie Sansfaçon avait obtenu l’assurance d’une bonification de la part de Justin Trudeau lors d’une rencontre à Ottawa. « Ma fille Émilie a laissé en héritage pour tous ceux qui l’ont connue, au-delà de son sourire, la volonté et le souci de ne jamais abandonner, mais aussi la douce naïveté de croire aux hommes et aux femmes qui ont la responsabilité et le pouvoir de changer les choses. En se présentant au Parlement en décembre 2019, elle y avait cru. Aucun travailleur n’a demandé à être malade. La loi doit être actualisée, c’est ce qu’elle était venue obtenir. En sa douce mémoire, vous avez, tous ensemble, la sagesse et le pouvoir d’enfin lui répondre, de vous engager. Les Émilie du Québec et du Canada le méritent maintenant », a conclu Louis Sansfaçon, père de la militante, s’adressant à tous les élus fédéraux.

« C’est après avoir été atteinte par le cancer à 3 reprises et avoir vécu directement les conséquences de cette loi désuète et inchangée depuis 1971, que j’ai démarré une pétition demandant l’amendement de cette loi en mars 2009. Depuis, plus de 600 000 Canadiens se sont joints à mes efforts en apposant leur signature sur ma pétition. En septembre 2019, j’ai eu le privilège de connaître Émilie et son père Louis, qui se sont joints à mon initiative. Au fil des mois, j’ai tissé des liens solides avec Émilie et sa ténacité m’a beaucoup touchée. Ensemble, nous avons travaillé à faire avancer ce combat davantage et nous pensions y être arrivées en décembre 2019 lors de notre rencontre avec le premier ministre. Maintenant qu’Émilie n’est plus, je continue ce combat afin de lui rendre hommage, mais également en l’honneur de tous ceux et celles qui survivent dans des conditions difficiles qui n’ont plus aucune raison d’être. Il est temps que soit réalisée cette promesse afin que tous puissent enfin se soigner dans la dignité », a conclu Marie-Hélène Dubé, fondatrice de la campagne «15 semaines ».

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