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6 janvier 2021 - 07:00

Lettre ouverte

Un 1 000$ qui frappe l’imaginaire indique Claude DeBellefeuille

Marie-Claude Pilon

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

La députée de Salaberry-Suroît, Claude DeBellefeuille a fait parvenir à Néomédia au cours des dernières heures, une lettre ouverte  concernant la faille découverte cette fin de semaine à la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE). 

Voici l'intégrale de la lettre rédigée et signée de la main de l'élue fédérale: 

De nombreux citoyens, dont plusieurs travailleurs de la santé, ont communiqué avec moi au moment où l’on apprenait une faille à la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE). Cette craque, selon l’expression consacrée, permet aux vacanciers admissibles de toucher une prestation de 1 000$, à leur retour d’un voyage non essentiel.

Une contradiction qui frappe l’imaginaire. J’ai envie aujourd’hui de partager avec vous quelques éléments en lien avec la situation.

Première erreur : un programme adopté rapidement

D’abord, évidemment, la PCMRE n’a pas été conçu spécifiquement pour les voyageurs. C’est une mesure mise en place en septembre afin d’aider financièrement les gens en quarantaine ne bénéficiant d’aucun revenu durant cette période. On nous dit : « Tous les partis ont voté pour » !
Oui, mais... La loi prévoyant cette prestation a été votée en toute urgence. En quelques heures et sans étude approfondie, le projet de loi devait être adopté afin d’éviter un trou de service dans les programmes d’aide liés à la COVID. Par ailleurs, ce délai a été imposé par le gouvernement libéral lui-même qui a décidé de fermer complètement le Parlement, en août, pour se sortir d’un
scandale ayant mené à la démission du ministre des Finances. Si le Parlement n’avait pas été prorogé, cette loi aurait pu être étudiée, votée et même appliquée beaucoup plus tôt. Bref, aux petites heures du matin en septembre, nous adoptions unanimement un projet de loi
qui contenait plusieurs mesures, dont celle de la PCMRE. Sans ce projet de loi, la nouvelle mouture de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), qui comprenait un incitatif à l’emploi dont le Bloc Québécois et les PMEs réclamaient depuis le printemps, n’aurait pas pu être adoptée.

Deuxième erreur : la réaction libérale

Lorsque la faille au programme a été révélée au grand jour, le 2 janvier au matin, la réponse initiale et officielle du cabinet de la ministre fédérale de l’Emploi, la libérale Carla Qualtrough, a manqué totalement de vigueur et de compassion. À ce moment, son cabinet aurait bien pu dire : « Oui, effectivement, il y a une faille, on va y voir, ça n’a pas de sens ». C’est clair, ça fait preuve de modestie – l’erreur est humaine! – et, surtout, envoie le bon message. Son équipe a plutôt décidé de répondre que si les vacanciers respectent les critères, ils pouvaient obtenir la prestation. C’est
une réponse franchement déconnectée. Rapidement, le Bloc Québécois a dénoncé cette posture et a réclamé une modification nécessaire
des règles de la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique afin d’en exclure les vacanciers. Ce changement s’avère sensé et joint les nombreux courriels, appels et messages sur les réseaux sociaux des électeurs. En réalité, on ne sait pas dans quelle mesure les vacanciers auraient vraiment utilisé cette prestation. Mais dans le contexte, la simple possibilité de savoir que des vacanciers pourraient recevoir 1000$ pour respecter une quarantaine après un voyage non essentiel qu’ils ont eux-
mêmes choisi d’effectuer malgré les recommandations du gouvernement est odieuse. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’indignation justifiée des citoyens qui, eux, ont respecté les consignes, n’ont pas vu leurs petits-enfants pendant des mois, ont vu leur chirurgie reportée, ont fait des heures supplémentaires obligatoires, ont fêté Noël dans leur bulle, ont fermé leur restaurant, salle d’entraînement, bar ou salle de spectacles, attendent toujours le remboursement de leur billet d’avion pour un voyage annulé. Bref, les gens qui suivent les consignes et font des sacrifices en toute solidarité depuis des mois.

Ce qui en reste...


La ministre a finalement entendu raison, grâce à la pression populaire et celles du Bloc Québécois, et a depuis rectifié le tir. Le gouvernement s’est engagé publiquement à modifier les critères afin d’exclure les vacanciers du programme.

Au Bloc Québécois, nous saluons ce changement de position du gouvernement libéral. Dans l’intervalle, il faut aviser formellement les vacanciers que le changement sera apporté, qu’il sera rétroactif, et qu’ils n’auront pas droit à la prestation. Nous croyons que le message doit être clair
pour tous les voyageurs qui voudraient se prévaloir d’une aide qui ne leur est pas destinée.

Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, a déjà signifié que s’il est nécessaire de rappeler d’urgence le Parlement pour voter la modification, nous y serons. Nous sommes d’ailleurs rendus excellents en matière de votation virtuelle!

Autrement, j’en retiens deux éléments : d’une part, un gouvernement est bien meilleur lorsqu’il laisse l’opposition faire son travail et qu’il accueille avec ouverture et sincérité les propositions des élus de toutes les formations politiques. D’autre part, je souhaite que ce gouvernement libéral prenne la résolution de faire preuve d’humilité en 2021 : on se souviendra amèrement de cet épisode lorsqu’il décidera de pointer du doigt le Québec et les provinces dans la gestion de la pandémie.

Puis, à vous tous, je vous remercie de continuer à suivre les consignes sanitaires. Je sais que la vaste majorité des gens appliquent les recommandations et contribuent à protéger les plus vulnérables. On le sait, le virus est encore bien présent et il ne faut pas lâcher la lutte. Je suis de
tout cœur avec vous, à vos côtés, en toute solidarité, afin d’avoir une année 2021 à la hauteur de nos aspirations collectives!

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