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17 septembre 2020 - 08:00

Étude menée en Montérégie par le RCPEM

51% des intervenantes en petite enfance sont plus stressées

Marie-Claude Pilon

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Selon une récente étude menée par le Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM), 53 % des intervenantes en petite enfance de la Montérégie ont connu une diminution de leur bien-être au travail. Fait inquiétant: presqu'autant, soit 51%, ont connu une augmentation de leur niveau de stress. 


Rappelons que le CPE Bobino, situé à Beauharnois est membre du RCPEM. Cette démarche permet d'apprendre que sur 545 répondantes en Montérégie et 284 provenant d’autres régions du Québec, plus de la moitié, soit 53% ont admis avoir connu une diminution de leur niveau de bien-être au travail en Montérégie contre 42,2% dans les autres régions.

Cela s’explique certes par la situation de risques qui prévalait, mais il faut ajouter toutes les nouvelles dispositions sanitaires et les mesures barrières lesquelles, tout en permettant une certaine sécurité n’en bousculaient pas moins les habitudes d’accueil et de fonctionnement dans les CPE en plus de créer une certaine forme d'anxiété constante.

Au-delà de tous les risques encourus, il faut noter que le maintien au travail a permis de procurer un certain sens de sacrifice et renforcer la mission du personnel des CPE. Le rapport énonce que :

« Les tâches de télétravail qui ont le plus procuré le sentiment d’accomplissement aux répondantes sont les rencontres virtuelles avec les enfants (89%) et les activités de révision du programme éducatif (86% . »

Augmentation du niveau de stress au travail 

Cette situation de la pandémie de la COVID-19 en soi est génératrice de stress. En situation de services d'urgence le stress augmente, entre les risques de contamination encourus, la gestion des recommandations des fois contradictoires des directions de la Santé etc. En Montérégie 51% des répondantes ont déclaré avoir connu une augmentation de leur niveau de stress contre 45,8% dans les autres régions.

Si ce niveau de stress a diminué avec le déconfinement, dans les autres régions du Québec il reste à 38,4% contre 41,5% en Montérégie.

Au moment du déconfinement pourtant, les inquiétudes ne se sont pas estompées. Des défis réels se sont ajoutés aux risques de fonctionnement pendant la situation de maladie contagieuse que le Québec connaît depuis le début de l’année; à l’instar de tous les autres pays de la planète. Comment maintenir la distanciation sociale avec les enfants, les collègues et les parents? Comment gérer le port des équipements de protection individuelle? De la Montérégie au reste du Québec, ces préoccupations s’ajoutent à la mission des intervenantes en petite enfance désormais, du moins jusqu’à la fin de cette crise sanitaire.

La publication des résultats de cette étude relève de l’engagement du Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie, de veiller au bien-être de ses membres. La détérioration de l’état émotif du personnel met à risque la qualité des structures d’accueil de la petite enfance. Il est primordial de prendre en considération la question du stress chez le personnel éducatif des milieux de la petite enfance, reconnaître leurs rôles et implications, et surtout l’impact de la pandémie actuelle sur leur réseau.

Avec les insécurités liées aux financements des CPE, l’approche de l’hiver et d’une probable deuxième vague de contaminations, il apparaît plus que nécessaire de trouver des solutions rapides, estime le RCPEM. 

Rappelons que cette étude a été réalisée en collaboration avec Nathalie Bigras PhD et Lise Lemay PhD de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). L'objet de celle-ci est de comprendre l'impact émotionnel de la crise actuelle et l’influence de la pandémie sur le personnel des CPE de la Montérégie. 

Les résultats de leur travail ont été diffusés ce 15 septembre lors de la rencontre des directrices générales des CPE concernés. L'étude a été initiée en avril 2020 en Montérégie, puis par la suite, dans d'autres régions du Québec

L'un des objectifs de cette démarche était de documenter les impacts de cette crise sur son personnel afin d'anticiper des solutions adaptées à cette situation.   

« La COVID-19 a surpris tout le monde et nous avions conscience que l’engagement de nos CPE membres en services d’urgence malgré les risques, créerait forcément une certaine situation émotionnelle. Au Regroupement nous préférons toujours anticiper et essayer d'avance de trouver des solutions pour accompagner nos intervenantes dans leur mission auprès des tout-petits », indique Claudette Pitre-Robin, la directrice générale du RCPEM

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