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20 juillet 2020 - 15:26 | Mis à jour : 15:40

Peu d’appui du CISSSMO, malgré une forte mobilisation

Un comité se mobilise pour la survie du Centre Mère-Enfant de l'Hôpital du Suroît

Jessica Brisson

Par Jessica Brisson, Journaliste

Un comité de coordination a été mis en place afin de faire pression sur le gouvernement dans le dossier de l’abolition du Centre Mère-Enfant (CME) de l’Hôpital du Suroît. C’est du moins ce qui a été annoncé, ce lundi 20 juillet lors d’une conférence de presse donnée par différents intervenants du milieu.

Rappelons qu’en mars dernier, un début de mobilisation s’était mis en branle pour contrer la décision du Centre Intégré de Santé et Services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO), d’abolir le Centre Mère-Enfant de l’Hôpital du Suroît afin de centraliser ses différents services dans le futur hôpital de Vaudreuil-Dorion. 

« Comme il a déjà été annoncé, le CISSSMO a décidé de fermer le CME de l’Hôpital du Suroît à Valleyfield afin de centraliser les accouchements, la gynécologie et la pédiatrie à Vaudreuil. Selon le plan du CISSSMO, les accouchements et les suivis de grossesse pour la population de Beauharnois-Salaberry et du Haut Saint-Laurent devraient se faire à Vaudreuil », lance d’entrée de jeu Édith Gariépy, porte-parole du comité de coordination et directrice de la Corporation de développement communautaire de Beauharnois-Salaberry. 

Ainsi, le comité de coordination formé des directions des Corporations de Développement communautaire de Beauharnois-Salaberry et du Haut-Saint-Laurent, de la coalition intersyndicale du Suroît, COTON-46, d’une représentante de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield ainsi qu’un professionnel retraité du réseau de la santé et de services sociaux, est à pied d’oeuvre autour d’un plan d’action dont les objectifs sont: 

  • Maintenir l’attention sur cet enjeu durant l’été;
  • Augmenter les appuis autour de la mobilisation pour accentuer la pression politique;
  • Amasser des dons. 

Peu d’appui du CISSSMO, malgré une forte mobilisation

Malgré les résolutions de six municipalités, d’une MRC et de six organisations communautaires, du Syndicat de Champlain, section Suroît et celle de l’UPA de Beauharnois-Salaberry, le comité de coordination mis en place, déplore le refus de la part du CISSSMO de revenir sur sa décision. 

« Ce qui nous préoccupe, c’est que malgré cet état fort de la mobilisation dans la région, il y a encore peu d’ouverture de modifier les plans de la part du CISSSMO », indique pour sa part Rémi Pelletier, directeur des Corporations de Développement communautaire du Haut-Saint-Laurent. 

L’une des premières actions du comité  fut d’envoyer une lettre au Président Directeur général du CISSSMO, M. Yves Masse, lui demandant formellement de revenir sur leur décision de fermer le CME. « Leur réponse est sans équivoque: il n’y aura plus d’accouchements à Valleyfield et rien ne peut garantir la présence de pédiatres et de gynécologues sur les territoires des MRC du Haut-Saint-Laurent et de Beauharnois-Salaberry », poursuit Mme Gariépy. D’ailleurs cette dernière souligne que l’exode de nombreux professionnels vers le territoire de Vaudreuil-Soulanges est déjà fortement entamé.

De son côté, la conseillère municipale de Salaberry-de-Valleyfield, France Chenail, déplore qu’à court terme, les services de gynécologie puissent ne plus être offerts sur le territoire de Salaberry-de-Valleyfield. « Nous sommes une population grandissante, ce n’est pas le temps de transférer des services. Bien au contraire, des jeunes familles viennent s’installer ici, donc nous avons besoin de conserver nos services de proximité. Déshabiller Jacques pour habiller Paul n’est pas une façon de faire pour assurer le bien-être d’une région qui est en pleine croissance ».

Favoriser une région au détriment d’une autre

« C’est sans aucune hésitation que COTON-46, la coalition de l’ensemble des syndicats de la région a décidé de répondre à l’initiative prise par les deux CDC de Beauharnois-Salaberry et du Haut-Saint-Laurent, de contester cette fameuse décision du CISSSMO. Ce qui nous préoccupe c’est d’abord la disparition d’un service accessible et de proximité pour les femmes et les familles du Haut-Saint-Laurent et de Beauharnois-Salaberry », de dire Pierre Lagrenade, représentant de la coalition intersyndicale du Suroît, COTON-46. 

« La conséquence de cette décision est que l’établissement des jeunes familles sera fortement favorisé du côté de Vaudreuil-Soulanges alors qu’il sera découragé dans le Haut-Saint-Laurent et dans Beauharnois-Salaberry. Ceci est un enjeu crucial pour le développement de notre région. Ça correspond à laisser tomber la région du sud-ouest du Québec. Fiez-vous sur nous pour réagir très fortement sur cette décision » poursuit M. Lagrenade.

« Évidemment, les députés locaux ont aussi été interpellés et sont à l’écoute de notre mobilisation. Assurons-nous de parler assez fort pour que le politique intervienne; parce que force est de constater que, malgré les multiples présentations, échanges et discussions, la position du CISSSMO ne se modifie aucunement », conclut Mme Gariépy.

 

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