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Une caméra de surveillance installée à l’insu des pompiers de Salaberry-de-Valleyfield

durée 11h20
28 février 2022
Benjamin Richer
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par Benjamin Richer, Journaliste

Un équipement de surveillance électronique a été trouvé samedi dernier dans un bureau de la caserne de Saint-Timothée, alors que le climat de travail au sein du Service de sécurité incendie de Salaberry-de-Valleyfield est déjà tendu.

Des membres du Service avaient des doutes ces derniers temps qu’on les épiait sur leur lieu de travail. Ces derniers ont pu confirmer avec stupeur leurs inquiétudes ce samedi, alors qu’une caméra a été trouvée dans le plafond du bureau de la caserne numéro 2.

La nouvelle a été un choc pour les pompiers. « Tous mes gens sont à l’envers. [...] On se sent violé dans notre intimité. La caserne, c'est notre lieu de travail, mais dans ce bureau, il y a des conversations personnelles, syndicales [et autres] », déplore Martin Mercier, président du syndicat.

Cet événement survient alors que la confiance des pompiers envers leur direction est déjà ébranlée par la suspension d’un capitaine mercredi dernier. Des allégations de harcèlement pèseraient sur lui. Or, le syndicat dit n’avoir jamais été témoin de tels comportements.

Cette situation fait actuellement l’objet d’une enquête administrative par la Ville de Salaberry-de-Valleyfield. Valérie St-Onge, conseillère en communication, indique que cette procédure ne vise pas les pompiers, mais spécifiquement le personnel-cadre, soit l’équipe de gestion.

« Des motifs sérieux liés à la sécurité d’un membre du personnel-cadre et à des méfaits sur de l’équipement justifiaient cette intervention, qui n’est pas prise à la légère par la Ville. Des vérifications légales ont été faites au préalable et la Sûreté du Québec a également été contactée. Cette dernière est d’ailleurs venue à la caserne pour prendre rapport concernant les méfaits », explique Mme St-Onge.

De son côté, le directeur du service, Stéphane Dumberry, présent à ce poste depuis un an, n’a pas voulu commenter cette histoire.

Climat de travail tendu

Ces événements viennent « créer un climat de travail malsain en ce début de négociation pour le renouvellement de la convention collective », est-il écrit dans un avis du syndicat destiné à ses membres, dont Néomédia a eu copie.

Certains perçoivent ces actions de la direction comme un geste de répression, non pas envers les pompiers salariés, mais envers les capitaines-cadres du service, puisqu’ils envisagent de se syndiquer.

Valérie St-Onge précise que « l’installation de la caméra de surveillance n’est en aucun cas liée aux activités syndicales dans le cadre des négociations en cours avec les pompiers ». La caméra a été mise à cet endroit « en fonction des plaintes reçues et des méfaits constatés ». Aucune caméra n’a cependant été installée à l’autre caserne.

Procédures judiciaires

Le syndicat déplore la tournure des événements. Une plainte a été déposée à la police pour « une possible utilisation illégale d’un équipement électronique de surveillance ». La Sûreté du Québec n’a pas pu confirmer la tenue d’une telle enquête. Des procédures devraient également être intentées à la Commission des normes du travail.

En signe de protestation, des pompiers ont commencé à changer leur photo de profil sur Facebook pour une illustration, où l’on peut lire « Souriez, vous êtes filmé ». Deux membres du service sont en arrêt de travail en raison du stress occasionné par cette situation, selon les informations du syndicat. D’autres personnes envisagent de consulter le programme d’aide aux employés. M. Mercier craint que cette situation affecte les interventions du service.

La Ville mentionne finalement vouloir s’assurer d’avoir un environnement de travail sécuritaire. Elle dit prendre très au sérieux les allégations de harcèlement et d’intimidation qui font l’objet d’une enquête en ce moment.

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