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22 juin 2021 - 05:00

Des reflets du sud 

Le lac Saint-François en toute beauté 

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

À la suite de la publication d’un article sur les reflets turquoise de l’eau sur les berges de la municipalité de Saint-Zotique, François Potvin, amateur d’aviation, a partagé à Néomédia des prises de vue uniques montrant le lac Saint-François dans toute sa splendeur. 

L’eau n’est pas turquoise qu’à Saint-Zotique, mais sur une bonne partie du lac Saint-François. Ce plan d’eau magnifique de la région fait le bonheur des plaisanciers et des riverains chaque été. 

Rappelons que comme mentionné dans le précédent article, plusieurs facteurs peuvent influencer la couleur de l’eau, dont la profondeur, évitant aux différents rayons du soleil d’être complètement absorbés, mais aussi la qualité du sable, le débit de l’eau et la présence de minéraux et de microalgues. 

Ainsi, on peut facilement retrouver des endroits avec l’eau aux reflets turquoise sur le lac Saint-François, il suffit que de traverser de l’autre côté de la rive, à la Baie-des-Brises pour y apercevoir une eau limpide. 

Un endroit unique

Le Saint-François constitue le premier élargissement naturel du fleuve Saint-Laurent. Ce dernier est d’une longueur d’une cinquantaine de kilomètres et en atteint huit à son plus large. Il fournit à lui seul l’eau potable de près de 60% des Québécois selon l’Association pour la sauvegarde du lac Saint-François

D’une superficie de 272 km2, il est le plus vaste lac fluvial des trois composants le Saint-Laurent. Son niveau est d’ailleurs régulé par deux barrages à ses extrémités. 

Avec la Ville de Salaberry-de-Valleyfield à l’Est, et Cornwall à l’Ouest, le lac joue ainsi un rôle majeur dans le transport maritime. Jonchant le Québec, l’Ontario et l’État de New York aux États-Unis, il fait partie de la voie maritime du Saint-Laurent, faisant de ce lieu un apport économique exceptionnel. 

Chaque année, 37 millions de tonnes y transitent, générant 86 000 emplois et 12,7 milliards de dollars canadiens. 

Histoire en bref du lac 

Le lac Saint-François se retrouve en territoire Akwesasne de la nation Mohawks. Il est nommé par les Jésuites en 1656 lors d’une expédition pour « combattre les démons » chez les Hurons-Wendats. Ces derniers l’auraient donc nommé en l’honneur de Saint-François-Xavier, canonisé en 1602 ou bien de François-de-Lauzon, alors seigneur de Prairie-de-la-Madeleine. 

Sous la direction du père François Le Mercier, cela leur aura pris près d’un mois pour s’y rendre à partir du Québec sur le fleuve. 

Il est possible de retrouver un extrait du recueil des missionnaires, Relations des Jésuites, à la Commission de toponymie du Québec:

Le dix-septiéme du mesme mois, nous nous trouuâmes au bout d'vn Lac que quelques-vns confondent auec le lac de Sainct Louis; nous luy donnâmes le nom de Sainct François pour le distinguer de celuy qui le precede. Il a bien dix lieuës de long et trois ou quatre de large en quelques endroits; il est remply de quantité de belles isles en ses emboucheures. Le grand fleuue de Sainct Laurens s'elargissant et repandant ses eaux d'espaces en espaces, fait ces beaux Lacs, puis en les resserrant, il reprend le nom de Riuiere.

Le lac s’est par la suite développé au fil des ans en élevant notamment son niveau de 40 centimètres à la construction du barrage de Beauharnois à la fin des années 20, puis avec l'ajout du canal de Beauharnois à la voie maritime en 1959. 

Son niveau a aussi été haussé à maintes reprises afin d’accroître le débit dans le but de faire tourner les turbines du barrage hydroélectrique. Ce fut notamment le cas en 1941 pendant la Seconde Guerre mondiale pour fournir les industries en électricité. 

Ce contrôle du niveau permet donc d’avoir un plan d’eau avec une profondeur relativement constante, malgré des périodes d’inondations ou de sécheresses, tel que la région connaît actuellement. 

Un lieu à protéger 

Malgré toute la splendeur de ce lac et l’eau claire qu’il possède, il n’en demeure pas moins que le milieu est chaque année fragilisé par les interventions humaines. 

Il est entre autres possible de constater une augmentation constante de plantes aquatiques et de microalgues, appelées cyanobactéries, posant de sérieux enjeux dans l’écosystème. Cette prolifération des plantes aquatiques s’explique en partie par la pollution résidentielle et agricole, déversant des quantités d’engrais, de phosphores et de nitrates dans les eaux du lac. 

Les stocks de poisson auraient aussi diminué dans les dernières années selon plusieurs. Aucune analyse fiable ne peut toutefois le confirmer. 

D’autres problèmes tels que l’érosion des berges est davantage observée, notamment en raison de la circulation à haute vitesse des bateaux de plaisance et du manque de végétation sur la bande riveraine. Il est donc primordial de protéger le site majestueux du lac Saint-François. 

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