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10 mai 2021 - 15:00

Beauharnois

L’UPA de la Montérégie est déçue de l'implantation de Google en zone agricole

Marie-Claude Pilon

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Le gouvernement du Québec a officiellement annoncé aujourd’hui l’implantation, à la demande d’Hydro-Québec, d’un centre de données informatiques de la multinationale Google en zone agricole à Beauharnois. Cette annonce est accueillie avec grande déception par la Fédération de l’UPA de la Montérégie.

« Préférer le développement résidentiel, commercial ou industriel à la vocation nourricière de nos terres agricoles et contourner les mécanismes en place pour les protéger, ne permettra pas d’assurer l’autonomie alimentaire du Québec. L’adoption d’un décret permettant à une multinationale étrangère de mettre la main sur un terrain visé sans passer par le processus établi crée un précédent déplorable et inquiétant », Jérémie Letellier, Président de l’UPA de la Montérégie.

Rappelons que la Fédération s’oppose depuis les tout débuts du projet au changement de zonage de 62,4 hectares des plus belles terres agricoles au Québec qui est réalisé en outrepassant les pouvoirs de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

En vertu de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA), le rôle de la Commission est pourtant de traiter toutes les demandes en fonction des mêmes critères et de conseiller le gouvernement sur toute question relative à la protection du territoire agricole. Elle possède une expertise unique en la matière et traite chaque demande de façon rigoureuse, professionnelle et apolitique. Court-circuiter l’expertise du seul organisme gouvernemental entièrement dédié à la protection des terres agricoles est une façon de faire regrettable qui n’a pas sa raison d’être.

La zone agricole cultivable au Québec ne représente que 2 % du territoire québécois et c’est en Montérégie, où on retrouve le meilleur amalgame de terres agricoles de grande qualité et de conditions climatiques favorables. Paradoxalement, c’est également la région où l’étalement urbain exerce la plus forte pression. Protéger son potentiel est une question d’autonomie alimentaire qu’il est impératif de prioriser. En agissant comme il le fait dans le dossier Google, le gouvernement accorde à une entreprise privée, par décret, un droit de regard important sur une richesse collective limitée, non renouvelable et essentielle à la société québécoise.

« Compte tenu des compensations annoncées, on ne peut en aucun cas douter de la bonne foi des intervenants. Il reste que le gouvernement du Québec, en ne laissant pas la Commission faire son travail, s’est privé d’une analyse professionnelle indépendante qui aurait également pu permettre à Google de s’installer au Québec, tout en faisant preuve de transparence et en protégeant au maximum les terres plus fertiles de la province. Cet exemple, qui ouvre la porte à une politisation du dézonage au Québec, ne doit jamais se répéter », a conclu M. Letellier.

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