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1 avril 2021 - 15:00

Un retour entre les mains des enseignants

Retour en classe au cégep de Valleyfield

Cela fait bientôt deux mois que le gouvernement du Québec a annoncé un retour en classe pour les établissements d’études supérieures. Le cégep de Valleyfield a opté pour une stratégie qui laisse de la liberté aux enseignants. 

Même si les activités n’ont jamais vraiment cessé à Valleyfield, le cégep a pu rouvrir ses portes à un bon nombre d’étudiants le 8 février dernier. Selon sa directrice des études, Francine Bélair, une proportion de 85% à 90% d’entre eux a minimalement un cours par semaine en présentiel à l’heure actuelle. 

« Cela s’est fait de façon progressive », précise-t-elle. Un total de trois classes comodales, qui offrent l’enseignement sur place et à distance en même temps, ont été mises sur pied. Un amphithéâtre a aussi été aménagé. Selon Mme Bélair, une quinzaine de professeurs se partagent ces locaux pour l’instant. 

Les séances pratiques, dont les cours d’éducation physique, sont privilégiées. « Il y a des cours qui doivent se faire en présence dans un contexte où cela permet les apprentissages », rappelle-t-elle. 

Les activités parascolaires et culturelles sont aussi officiellement reprises, même si elles se sont déroulées majoritairement en ligne. Les activités sportives sont quant à elles revenues en présence à l’intérieur depuis l’annonce de la réouverture des gyms le 26 mars. Aucune compétition n’est autorisée pour le moment. Les entraînements du Noir et Or ont pu reprendre à l’extérieur depuis la fin février. 

En ce qui concerne les grèves des employés de soutien des derniers jours, celles-ci ne devraient pas affecter les cours. 

Rappelons que le 30 mars dernier, le syndicat des professionnels du Collège de Valleyfield a tenu une première journée de grève devant l’établissement collégial.

La décision revient au professeur

Le cégep de Valleyfield a voulu conférer une certaine latitude à son corps enseignant. « C’est lui qui est le maître d'œuvre. C’est lui qui instaure le contenu et qui est un expert en pédagogie », indique Mme Bélair. 

Des dérogations pour continuer les cours en ligne ne sont données que sous la base d’un billet médical ou d’une entente avec le professeur. « On a fait preuve de souplesse, le temps que les étudiants s’organisent », assure-t-elle. Un délai de deux semaines a été accordé avant un retour plus soutenu. 

Cette décision provoque toutefois des avis mitigés. « Ils ne veulent pas définir clairement que supposons que tu es retourné à Chicoutimi chez tes parents vu que c’est à distance, que cela pourrait être un cas pour avoir une exemption. Ils veulent juste limiter les cas de santé documentés et gérer ensuite les cas individuellement », explique James-William Caron, représentant de l’Association des étudiants du cégep de Valleyfield. 

Ce dernier déplore que ce soit à la discrétion des professeurs sans avoir de ligne uniforme pour tous. Selon un sondage réalisé auprès de la communauté étudiante, le tiers ont des appréhensions à une reprise des cours en présence, tandis que les autres sont soit indifférents ou désirent revenir. 

La direction a néanmoins dû trancher en s’assurant de respecter les compétences des enseignants tout en poussant vers le retour. « Il y en a des étudiants que ce n’était pas leur premier choix de venir en présence et qui ont fait des demandes d'accommodements, mais il reste que le sentiment de détresse et d’isolement était une préoccupation importante pour le collège à considérer dans les paramètres », souligne Francine Bélair. Cette dernière indique que cela se passe bien dans l’ensemble. 

Adapter l’enseignement 

Certains programmes, comme la technique d’éducation à l'enfance, qui offrent 20% des heures de cours en milieu de travail, n’ont cessé le présentiel qu’au printemps dernier et sont de retour avec près de 50% des cours en mode hybride. 

Des cas de contaminations ont eu lieu, mais cela n’a pas arrêté Maryse Lafrance, d’enseigner. « On s’adapte, on développe de nouvelles compétences que je n’avais pas il y a un an. On trouve toujours un moyen de s’adapter pour le meilleur de nos étudiants pour faire en sorte qu’ils réussissent leur DEC en temps prévu », explique-t-elle. 

Ainsi, des étudiantes auront réalisé la moitié de leur cursus scolaire en temps de pandémie. Les taux d’abandons ne sont toutefois pas plus élevés qu’à l’habitude selon Mme Lafrance « Je salue la persévérance de ces étudiantes-là qui ont fait des apprentissages incroyables malgré toutes les mesures et les nouvelles règles qui apparaissent. Elles vont sortir peut-être même plus compétentes qu’avant », constate-t-elle.  

L’offre de services 

Selon l'administration du collège de Valleyfield, les services psychosociaux ont été bonifiés avec des horaires allongés et plus flexibles. Une majorité, soit environ 85%, a préféré venir en présence pour obtenir ce soutien au cours de la dernière année. 

Les déplacements se seront en revanche compliqués après que la ville ait mis fin au lien avec la société de transport exo. Des taxi-bus s'occupent maintenant des trajets. « Suite aux annonces de changement qui ont été faites en janvier, rapidement le cégep a mobilisé ses partenaires », affirme Geneviève Boileau, directrice des communications du cégep. 

Certains étudiants doivent désormais faire plus d’une heure et demie de transport pour parfois assister qu’à un cours seulement. « Le transport était déjà déficient, mais là il l’est encore plus parce qu’il est scindé en deux et qu’il faut faire des transits », ajoute James-William Caron.  

Cela pourrait selon lui faire l’objet d’exemptions pour demeurer à distance. « On veut certaines choses, mais en même temps on s’adapte facilement, donc si on ne les a pas, on va trouver une façon de s’arranger. Ce n’est pas une question de vie ou de mort, mais il y a des améliorations qui doivent être faites », convient-il. 

Mme Boileau assure que le collège continue à travailler sur le dossier et qu’ils sont préoccupés par la situation.

L’après-pandémie 

Il est certain que la COVID-19 a changé bien des choses. « On va quand même retenir les bons coups de la pandémie. La dernière année nous a permis de faire tellement d’apprentissages pour ce qui est de la technopédagogie pour soutenir les étudiants. On va peut-être avoir une offre de formation différente que le classique 100% en présence », prévoit, Mme Boileau. 

Le cégep s’est aussi considérablement rapproché de ses partenaires, dont les centres de services scolaires de la région. Un programme de tutorat a par exemple été implanté où un groupe de 80 étudiants va aider près de 450 jeunes du secondaire sous la supervision d'enseignants. Des cours de rattrapage pendant l’été seront également accordés afin d’avoir les préalables requis. 

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