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11 février 2021 - 11:00

Il est satisfait de l’assouplissement des consignes

Le retour en classe au Collège de Valleyfield réjouit le directeur général

Benjamin  Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

Dans une entrevue accordée à Néomédia, le directeur général du Collège de Valleyfield, Marc Rémillard, s’est dit enchanté par le retour en classe annoncé la semaine dernière par la ministre de l’Enseignement supérieur. On fait le point avec lui sur la reprise des activités dans son établissement. 

Alors que les cours avaient déjà débuté le 25 janvier dernier, Marc Rémillard se réjouit du retour en classe graduel annoncé par la ministre McCann. « On est préoccupé par la santé mentale de nos étudiants. On va tout faire pour les ramener le plus possible en présence », a-t-il affirmé.

Ainsi, le Collège de Valleyfield compte appliquer le plan de match de l’automne dernier, mais espère aller plus loin. « À l’automne, la règle c'était tout ce qui peut se faire à distance, doit se faire à distance. Là, on est dans une règle pour favoriser le présentiel », ajoute-t-il. 

Plus facile à dire qu’à faire? 

Étant donné que le ministère ne permet qu’un maximum de 50% de la capacité des locaux, certains cours devront être donnés sous la forme bimodale. Une partie des étudiants seront en classe tandis que les autres sur une plateforme de visioconférence à la maison. 

Cela pourrait compliquer la tâche des enseignants qui devront être à la fois présents en classe et gérer un cours en ligne. « C’est beaucoup de travail pour nos enseignants. Il font preuve d’une grande agilité, d’un grand dévouement pour réorganiser leur pédagogie et prévoir un peu plus de présentiel », souligne M. Rémillard. 

Ce dernier reconnaît qu’il y a des enjeux pédagogiques au mode d’enseignement bimodal, mais il fait remarquer qu’il y en a aussi pour les cours entièrement à distance. Toutefois, il assure que le cégep détient les outils technologiques nécessaires pour que cela ne s’avère pas trop complexe. 

M. Rémillard précise aussi que le nombre d’étudiants a été réduit dans certains cours afin que toute la classe puisse venir dans les locaux. Un total de 13 équivalent temps complet* ont été ajoutés. Près d’1,5 million de dollars d’enveloppe budgétaire ont été dépensés depuis un an. Cette somme inclut des montants du ministère et du collège pour tous les secteurs d’activités. 

À l’heure actuelle, 45% des activités sont données en présentiel, et ce incluant les stages. Des programmes plus pratiques comme la technique en soins infirmiers sont à environ 87%.  

Une reprise qui s’ajuste 

Alors qu’à l’automne dernier une bonne partie des cours se donnaient à distance, cette fois-ci, l'objectif est de ramener le plus d’étudiants possible en classe. Certains émettent des réserves. « Dans les cours généraux, il y a plein de programmes qui sont ensemble. Ce n’est pas du monde que tu connais, ce n’est pas du monde que tu vas socialiser normalement », explique un étudiant du collège qui a voulu garder son anonymat. 

C’est pourquoi la direction privilégie les cours en commun. « L’esprit de collégialité, il est là, dans le programme », renchérit M. Rémillard. Outre les cours d’éducation physique, les cours d’anglais, de littérature et de philosophie seront donc entièrement enseignés à distance pour l’instant. 

La direction explique que des matières au sein des programmes seront aussi mises de l’avant en présentiel. Il donne en exemple les cours pratiques évidemment, mais surtout les cours avec un taux de réussite plus bas. Marc Rémillard mentionne que le taux d’échec pour le premier trimestre est resté relativement le même qu’avant la pandémie. Il redoute en revanche les résultats de la session en cours qui se base souvent sur les savoirs du trimestre précédent. 

Quant à la transmission du virus, on se croise les doigts au Collège de Valleyfield. Un seul cas avait été déclaré positif en automne. Le groupe avait été mis en isolement préventif, mais il n’y a pas eu d’éclosion comme telle. 

Pas nécessairement une réaction unanime 

« L’avis est mitigé. Oui la santé mentale est toujours un enjeu d’actualité, mais plusieurs ne voient pas l’intérêt d’avoir un cours semaine, ce serait plus une désorganisation des horaires », témoigne un étudiant du Collège de Valleyfield. Plusieurs espèrent un retour en classe, mais d’autres trouvent cette annonce un peu précipitée considérant le fait que la moitié de la session est presque écoulée. 

Ce dernier mentionne aussi que le retour en classe ne sera pas facile dans tous les cas. « Y’en a beaucoup qui se sont trouvé du travail, ils avaient organisé leur gestion du temps en fonction que c’était à distance. Y’en a même qui ont quitté la région », ajoute-t-il. 

La direction dit vouloir faire preuve de souplesse. Ce sera aux coordonnateurs des programmes de s'ajuster aux échos de leurs étudiants. « J’ai l’impression qu’il va y avoir beaucoup de compromis à faire », prévoit l’étudiant. 

Un retour espéré pour les premières années 

Marc Rémillard est particulièrement préoccupé par les étudiants qui ont fait leur rentrée en août dernier. « Ils venaient du secondaire. Ils n’avaient pas eu de présence depuis le 13 mars dans la majorité des cas. Ils sont arrivés avec nous et ils étaient à distance en forte proportion à l’automne, on veut donc les ramener un peu plus en présence », espère-t-il. 

Le Collège de Valleyfield accueille 1100 nouveaux étudiants par année. Avec une transition entre le secondaire et le cégep déjà difficile en temps normal, on souhaite renforcer la collégialité et la soif d’apprendre avec ce retour en classe. Le directeur général réfléchit déjà à la prochaine rentrée.

*charges d’enseignement

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