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1 mai 2020 - 10:30 | Mis à jour : 13:50

Témoignage d'une enseignante au primaire à la CSVT

“ J’espère que nous réussirons à atteindre tous les objectifs qu’on s'est fixés”, Amélia

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Enseignante au primaire au sein de la Commission scolaire de la Vallée-des-Tisserands, Amélia* est à la fois stressée et inquiète lorsqu’elle pense à son retour en classe en mai prochain. Pourquoi? Parce que de nombreuses questions demeurent sans réponses au moment d’écrire ces lignes, à la fin avril. 

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Elle-même maman de trois enfants, Amélia porte à la fois le chapeau de professeure et de mère. « Ce que j’appréhende, c’est que nous ayons seulement une ou deux semaines de préparation en vue du retour à l’école. Il y a beaucoup de choses à penser et à planifier en peu de temps. J’espère seulement que moi, mes collègues et la direction de notre école, de même que la commission scolaire, nous réussirons à atteindre tous les objectifs qu’on s’est fixés quant à l’organisation des locaux et autres. On est chanceux, le support de la CSVT et de notre direction d’école sont vraiment extraordinaires », indique celle qui enseigne aux élèves du 3e cycle du primaire. 

Retour au boulot dès ce lundi 

Au cours des prochaines semaines, Amélia devra notamment réaménager sa classe afin qu’elle puisse recevoir un maximum de 15 élèves. « On s’est fait dire par la direction que s’il faut sortir du mobilier pour que ce soit fait dans le respect des consignes de distanciation, ce sera le cas. Tout le personnel commence officiellement ce lundi, sauf les personnes qui souffrent d’une condition particulière comme une maladie chronique qui seront en télétravail.  Puis, le 11 mai, la majorité des écoles accueilleront leurs élèves sauf celles situées à Beauharnois qui le feront une semaine plus tard soit le 19 mai », explique-t-elle. 

La CSVT: proactive pour protéger ses employés 

Face au retour à l’école qui inquiète plusieurs parents, mais aussi plusieurs membres du personnel des commissions scolaires, la CSVT est proactive. « Pour soutenir les directions des écoles primaires, les directeurs des écoles secondaires du territoire sont appelés en renfort pour nous aider à planifier le retour en classe. Du matériel de protection, comme des gants, des masques et du Purrell sont en cours de commande pour nous protéger. De plus, la communication autant à l’interne qu’à l’externe est très bonne. La CSVT prend ses responsabilités », confie-t-elle. 

La distanciation sociale…un défi du quotidien

Mais qu’est-ce qui sera le plus dur une fois en classe avec les élèves? « Sans doute de leur faire respecter les limites de distanciation. Pour ma part, ce sera moins pire, car mes élèves sont au 3e cycle du primaire. Mais pour mes collègues, qui enseignent par exemple aux premières années, ce sera difficile de leur expliquer pourquoi ils ne peuvent faire un câlin à leur professeur. Il faudra répéter souvent. Nous miserons beaucoup sur la prévention auprès des élèves. » 

Des horaires rotatifs 

Le gouvernement du Québec a fixé la limite à 15 élèves présents en classe lors du retour à l’école afin de limiter au maximum la propagation de la COVID-19. Dans le groupe de Mme. Amélia, on compte normalement 22 élèves, soit sept de plus que le maximum autorisé. « Que se passera-t-il avec les autres? Est-ce qu’un horaire rotatif sera mis en place pour permettre à tous de venir en classe? Pour pallier à ce problème, la CSVT songe à nous envoyer dans les locaux des écoles secondaires situées sur notre territoire qui seront vides. C’est une bonne idée, mais c’est encore plus de préparation pour nous. On ne sera pas dans notre classe habituelle. Il faut s’assurer de ne rien oublier, tout comme les élèves pour qui c’est un stress de plus de se retrouver dans une autre école. » 

La direction de l’école où travaille Amélia a réalisé un sondage auprès des parents et une partie des parents a déjà confirmé qu’ils enverraient leur progéniture en classe. « En même temps, le gouvernement demande aux enfants en difficulté d’aller à l’école, mais de ne pas voir leurs grands-parents. Dans ma classe, j’ai un élève qui correspond à cette description, mais qui demeure avec sa grand-mère. Je fais quoi? Je l’aide comment? », lance-t-elle. 

Collaboration de tous pour assurer les suivis

A-t-elle peur d’être submergée par l’ampleur de la tâche, car elle doit aussi assurer le lien avec les élèves qui demeurent à la maison? « Non, car les services comme l’orthopédagogie ou la psychoéducation seront probablement diminués. Donc ces professionnels, ainsi que les autres qui travaillent de la maison pourront assurer le suivi des élèves qui demeurent chez eux. Ce ne sera pas obligatoirement le prof de l’élève qui devra garder le contact. Ça pourra être quelqu’un d’autre, donc c’est rassurant. On sera épaulé pour assurer les suivis » 

Enfin, quel message aimerait-elle adresser aux parents? « Vous connaissez bien vos enfants et votre milieu de vie. Vous êtes les mieux placés pour savoir ou non s’il faut les envoyer à l’école. Peu importe votre choix, nous sommes là pour vous soutenir, pas pour vous juger. On va vous appuyer et l’important c’est que vous soyez soutenus par l’école. En tant que maman, je suis contente de voir que j’ai le choix de les envoyer ou non et que si c’est non, je suis soutenue par mon établissement scolaire », conclut-elle. 

 

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