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28 janvier 2021 - 12:00

Retour à l’art en temps de pandémie

Une artiste et ex-étudiante du Collège de Valleyfield se raconte

Benjamin  Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

Acupunctrice à la base, Sophie Levac est revenue à ses premières passions au mois de mars 2020 en plein confinement. Après d'innombrables essais-erreurs et tutoriels sur les médias sociaux, cette dernière commence peu à peu à rayonner.  

Sophie Levac dessine depuis toujours. Enfant, elle calquait tout ce que ses parents lui donnaient. À l’âge de 19 ans, elle complète un diplôme préuniversitaire en arts plastique au Cégep de Valleyfield, mais se réoriente peu après devant l’incertitude du monde des arts. 

Aujourd’hui âgée de 29 ans, elle pratiquait son métier d’acupunctrice avec des personnes âgées jusqu’à ce que la pandémie arrive. « Quand on a du temps, c’est mieux, mais quand on travaille à temps plein cinq jours semaine, c’est moins évident », lance-t-elle en parlant de la gestion de son temps à propos de la création artistique. Le confinement est venu lui donner la durée dont elle avait besoin pour se remettre à l’art. Elle travaille actuellement trois jours par semaine en acupuncture, ce qui lui permet de se consacrer à son art. 

Une technique laborieuse

Sophie Levac peint à l’acrylique, une peinture très pâteuse qu’elle mélange avec d’autres produits pour la rendre plus liquide. Elle renverse ensuite des contenants de cette matière visqueuse sur la toile avant de les relever. Après coup, elle se retrouve avec, en moyenne, de quatre à sept litres de peinture sur son tableau. Avec une torche, elle fait ensuite apparaître des bulles tout en bougeant le tableau pour mêler les couleurs.

« Au début, j’étais vraiment inexpérimentée, ce qui fait que tu peux rapidement mettre sept litres de peinture dans les vidanges », prévient-elle. Mme Levac a découvert cette technique en 2017 et a fait plus ou moins une toile par année jusqu’en mars dernier. 

Toutefois, cela ne s’arrête pas là. Elle doit laisser sécher son œuvre pendant environ deux semaines avant de procéder à des étapes de lavage et l’application d’un scellant pour s’assurer que les couches d’époxy qui viennent la laquer adhèrent correctement sur la surface. Elle la refait sécher, ou plutôt durcir pendant deux autres semaines. 

Cette dernière travaille chez elle, à Vaudreuil-Dorion, dans une pièce de 110 pieds carrés, ce qui est peu pour produire plusieurs toiles. Elle en accumule un peu plus de cinq en fonction de la grandeur et installe une tente de fortune en plastique où elle peut les disposer pour le séchage, car l’époxy ne fait pas bon ménage avec la poussière. 

Le moment présent au coeur de la démarche artistique

« Je suis vraiment dans le moment présent quand je crée. Je mets de la musique que j’aime et j’essaye de laisser aller mes émotions là-dedans. Je pourrais commencer à analyser mes toiles, mais je ne le fais pas, c’est vraiment dans les agencements de couleur et les textures », décrit-elle. 

Sophie Levac, qui mélange souvent des tons chauds et froids dans ses œuvres, insiste sur le fait qu’il faut qu’elle soit dans une ambiance positive et joyeuse pour peindre. Elle en est incapable durant une mauvaise journée, car elle ressent ensuite toutes les émotions qu’elle avait lors de la conception. 

Le moment présent est donc au cœur de sa démarche artistique, mais il lui est aussi un peu imposé. « Une fois que la peinture est étalée sur la toile, je la laisse sécher deux semaines, mais je ne peux pas aller retoucher ou changer des choses, c’est un one shot deal », explique-t-elle. Lorsqu’elle peint, Sophie Levac entre dans un état de concentration au point où quand son conjoint la dérange un bref instant, le momentum finit par partir. 

Vivre de son art

L’artiste, comme bien d’autres, espère un jour vivre de son art. Elle indique néanmoins qu’il faudrait qu’elle déménage dans une plus grande maison, car elle ne produit que sept toiles aux deux mois. « Ce n’est pas énorme, mais ça me prend tout mon temps libre, j’essaye », dit-elle en ricanant. 

Elle est aussi très active sur les réseaux sociaux comme Instagram et Facebook où elle montre les étapes de confection et de l’application de l’époxy. 

Celle-ci souhaite réaliser une première exposition quand les conditions le permettront. D’ailleurs, elle se trouve déchirée entre garder ses toiles pour un futur vernissage ou les vendre pour se faire connaître. Ses acheteurs, surtout présents dans Vaudreuil-Soulanges, lui ont en revanche fait savoir qu’elle pourrait les ravoir un bref instant le temps d’une exposition.  

 

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