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12 février 2018 - 06:00

Les positions de la CSVT et du Collège de Valleyfield

Bientôt des toilettes mixtes dans les établissements scolaires de la région?

Par Jessica Brisson, Journaliste

Depuis le début de l'année 2018, les élèves du Collège John-Abbott font face à une nouvelle réalité qui semble prendre de plus en plus d'ampleur dans le réseau scolaire. En effet, un nouveau pictogramme a fait son apparition sur certaines portes de blocs sanitaires de l'établissement.  Maintenant, certains d'entre eux ne sont plus réservés qu'aux hommes ou aux femmes. Les toilettes tous genres confondus ont fait leur apparition.  En d'autres mots, tout le monde partage la même salle de bain.

« Disons que j'ai été surprise de voir entrer un garçon dans la même salle de bain que moi. Ce n'est pas quelque chose à laquelle nous sommes habitués dans les endroits publics »,  explique Katherine, étudiante au Collège John-Abbott. Même son de cloche du côté des hommes. « Disons que j'ai fait le saut en voyant une fille entrer dans la salle de bain alors que j'y étais moi-même, je me suis demandé si j'étais au bon endroit », souligne un étudiant de deuxième année au collège.

Quelle est la position de la Commission scolaire de la Vallée des Tisserands?

Tout comme le Collège John-Abbott, la CSVT a une politique bien claire en la matière. Par courriel, la conseillère en communication au sein de l'instance régionale, Geneviève Rochon a expliqué celle-ci à Néomédia Valleyfield

« Pour bien répondre aux besoins des personnes transgenres de nos établissements et les soutenir, nous veillons à gérer avec respect les besoins et à offrir les adaptations requises. Des toilettes non-genrées ou neutre peuvent être disponibles, s'il s'agit de la solution souhaitée », écrit Mme Rochon. 

Les lignes directrices relatives aux élèves transgenres de la Commission scolaire de Montréal servent de référence pour guider les établissements. Les services éducatifs de notre commission scolaire apportent également leur support aux directions. 

Concrètement, il n'existe pas de toilettes mixtes destinées aux personnes transgenres de la CSVT. Par contre, celles du personnel peuvent être utilisées par ces dernières si elles le désirent. 

Un dossier suivi de près au Collège de Valleyfield

Du côté du Collège de Valleyfield, Anne-Marie Lefebvre, directrice des affaires corporatives, du développement institutionnel et des communications, explique que l'établissement est bien conscient de cette nouvelle réalité. « Nous n'avons pas eu de demande pour l'instant, mais c'est certain que quand la demande viendra, nous allons nous ajuster et répondre à celle-ci », explique-t-elle.

Mais tout est question de budget. « L'aménagement de toilettes mixtes est un gros projet en sois qui demande un certain budget. C'est certain que ce ne sera pas pour cette année, mais nous y réfléchissons c'est certain », poursuit-elle. « Il y a deux ans, nous avons rénové les vestiaires et avons aboli les douches ouvertes. Suite à plusieurs demandes, maintenant, tant du côté des hommes que des femmes, les douches sont fermées. Elles ne sont pas mixtes, mais elles offrent une intimité. »

La directrice poursuit en affirmant que la porte n'est pas fermée à l'aménagement de blocs sanitaires mixtes dans un avenir plus ou moins rapproché. « Certains blocs pourraient devenir mixtes, ce qui favoriserait l'intégration des élèves transgenres, mais également aiderait à maximiser l'espace et faciliter l'aménagement. Pour l'instant, nous n'avons pas eu de demande, mais si cela devait venir, il est certain que nous nous ajusterions et trouverions une solution afin que les étudiants puissent se sentir à l'aise chez nous », conclut-elle.

Une nouvelle réalité 

Depuis quelques années, l'intégration des personnes transgenres dans la société est devenue un sujet courant d'actualité. L'opération grandement médiatisée du champion olympique Bruce Jenner, maintenant connu sous le nom de Caitlin Jenner a, sans aucun doute, ouvert une porte sur cette réalité. Voilà que le mouvement a rapidement traversé les frontières, ouvrant le dialogue sur le sujet dans les institutions canadiennes et québécoises.

En juin 2016, l'assemblée nationale a adopté à l'unanimité le projet de loi 103, visant à renforcer la lutte contre la transphobie et à améliorer notamment la situation des mineurs transgenres.  La même année, la Commission scolaire de Montréal a élaboré les lignes directrices relatives aux élèves transgenres de la commission scolaire de Montréal. Ces lignes directrices se veulent un guide des responsabilités et des obligations qui incombent aux établissements scolaires accueillant des élèves transgenres. 

Le guide, à l'intention des établissements scolaires, indique aux différents acteurs du réseau de l'éducation comment intégrer les élèves transgenres et comment facilité leur intégration, notamment en supportant la démarche personnelle de l'élève, en utilisant le prénom et le pronom choisis par ce dernier, en permettant à l'étudiant de porter les vêtements qui cadrent avec l'expression de son identité de genre et en donnant le choix à l'élève d'utiliser les toilettes et les vestiaires en conformité avec son identité de genre, pour ne nommer que ceux-là.

La naissance d'une nouvelle société

Le 18 janvier dernier, la Table nationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie a présenté un guide de bonnes pratiques à adopter pour mieux intégrer les trans en milieu scolaire. Le guide s'adresse aux établissements scolaires du préscolaire à l'université ainsi qu'aux membres du personnel qui y travaillent. 

Formée du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur et des syndicats et associations de directions du milieu scolaire, la table de concertation a lancé ce guide dans le but d'offrir un environnement sécuritaire aux jeunes transgenres, mais également à l'ensemble de la clientèle des établissements scolaires. 

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